Roland-Garros sonnera creux

L’organisateur propose, mais c’est le gouvernement qui dispose. Alors que pendant la journée, le directeur de Roland-Garros, Guy Forget, espérait maintenir le gabarit journalier à 5 000 spectateurs, assurant sur Europe 1 que regarder le tennis en plein air et avec un masque ” était beaucoup plus sûr que de prendre le métro ou d’aller au supermarché “, Le Premier ministre, Jean Castex, l’a ramené sur terre, jeudi 24 septembre, lors de l’émission” Vous avez la parole “sur France 2. Le chef du gouvernement a annoncé qu’il ne pouvait y avoir plus de 1000 personnes par jour sur la site du tournoi pour assister à sa version originale d’automne (du 27 septembre au 11 octobre).

Cette nouvelle réduction fait suite aux restrictions de rassemblement annoncées mercredi par le ministre de la Santé, Olivier Véran, pour les zones «en alerte renforcée», dont Paris. “Nous appliquerons les mêmes règles à Roland-Garros qu’ailleurs », A affirmé M. Castex qui, dans un premier temps, a suggéré que ce chiffre comprenait des joueurs, des entraîneurs, des organisateurs ou des journalistes.

Rejoint ultérieurement par l’Agence France-Presse, Matignon a précisé que ces personnes accréditées “ soumis à un protocole spécifique » (et estimé à près de 4000 par jour) ne figuraient pas parmi les 1 000 personnes autorisées.

Cependant, pour la Fédération Française de Tennis (FFT), cette annonce reste une averse froide préfigurant l’ambiance à venir pour la quinzaine et pas seulement en termes de météo. Au total, en quinze jours de compétition – la semaine de qualification se déroule depuis le lundi 21 septembre à huis clos – seuls 15 000 spectateurs devraient pouvoir assister au tournoi. Loin, très loin des près de 520000 accueillis en 2019 tout au long de la quinzaine.

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Evidemment, les places s’annoncent presque aussi rares que les sets perdus par Rafael Nadal sur terre battue parisienne. Selon Le Figaro, la FFT imaginerait la répartition suivante pour les 1 000 heureux récipiendaires: 600 spectateurs tirés au sort, 350 invités des partenaires et 50 personnes dans la tribune présidentielle. Aléatoire? Oui, mais c’était le risque à prendre pour organiser le tournoi quel qu’en soit le prix.

Un tournoi “audacieux” ramené à la réalité

Contrairement à Wimbledon, qui a très vite préféré sauter son tour pour 2020 plutôt que de proposer un ersatz de Grand Chelem, Roland Garros n’a jamais baissé le drapeau blanc. Au contraire. Dès le 18 mars, le président de la FFT, Bernard Giudicelli, a pris le monde du tennis par surprise en installant son tournoi à l’automne et déjà avec l’idée d’inaugurer devant le maximum de spectateurs son nouveau court central vêtu de son toit.

Mais son optimisme se heurte à un autre agenda: celui de la pandémie Covid 19 et de ses rebonds imprévisibles. Pour la troisième fois en quelques semaines, Roland-Garros a dû revoir ses ambitions à la baisse.

Début juillet, grâce au reflux épidémique observé sur le territoire, les organisateurs espère toujours pouvoir accueillir 20 000 spectateurs par jour au début de la quinzaine, et près de 10 000 pour les finales. “Si les tendances en matière de santé sont favorables, des billets supplémentaires seront mis en vente en septembre”, a promis M. Giudicelli.

Deux mois plus tard, l’optimisme du début de l’été avait cédé la place au réalisme de la rentrée scolaire, marquée par la dégradation de la situation sanitaire dans le pays. Le 7 septembre, trois semaines avant le coup d’envoi, la direction du tournoi a annoncé que le public serait limité à un maximum de 11 500 personnes, soit 30% du tonnage quotidien habituel.

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Malgré ce premier coup, la FFT a refusé de “Sombrer dans un désastre”. Et son président a presque fait appel à la grandeur de la France dans les colonnes de L’équipe: “Nous sommes Roland-Garros, un tournoi audacieux et nous voulons aussi donner cette image d’une France capable de s’adapter (…). Il ne faut pas souffrir, il faut ramener un peu de vie “, il avec enthousiasme.

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Les ventes de billets représentent 18% des revenus du tournoi

La cellule interministérielle de crise et l’agence régionale de la santé Ile-de-France ont validé la division du stade de 12 hectares et 1 km de long en trois secteurs “Hermétique, indépendant et autonome”, organisé autour de ses trois cours principales.

Mais cette option, qui permettait de recevoir quotidiennement 5000 spectateurs sur le Philippe-Chatrier, autant sur la Suzanne-Lenglen et 1500 sur la Simonne-Mathieu, dans le jardin des serres d’Auteuil, devait être retoque dix jours plus tard par la Préfecture de Police de Parist. La jauge a été apportée le 17 septembre jusqu’à 5000 spectateurs par jour, la limite alors fixée par le gouvernement dans les départements de la zone rouge.

Avant même les premiers échanges, on connaît déjà le premier grand perdant de cette édition 2020: le tiroir-caisse de la FFT. Même si cette dernière dispose de réserves de trésorerie, le manque à gagner sera considérable, la billetterie représentant 18% des revenus d’un tournoi qui représente à elle seule 80% du chiffre d’affaires annuel de la FFT (255,4 millions sur un budget total de 325 millions).

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Lorsque la jauge a été fixée à 11500 spectateurs quotidiens au maximum, Guy Forget a évoqué “Produits divisés par deux” et a estimé le déficit entre 130 et 140 millions d’euros. Avec cette dernière jauge imposée aux organisateurs, le «produit» a été réduit à sa plus simple expression, ou presque.

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