Sites français attaqués par des “hackers musulmans”

Dimanche soir, des hackers ont remplacé la page d’accueil de plusieurs dizaines de sites français par un avertissement: “Ceux qui maltraitent le Messager d’Allah doivent être punis.” Ce message, accompagné d’une photographie d’Emmanuel Macron et d’un appel au boycott des produits français, ne laisse guère de doute quant à l’intention de ses auteurs: porter les protestations de plusieurs pays musulmans sur la toile, dont la Turquie, en suivant les propos du Président de la République sur la liberté d’expression.

Les sites concernés appartiennent à des structures aussi diverses qu’un camping, un fabricant de matériaux isolants ou la bibliothèque d’un collège en Seine-Saint-Denis. Plutôt confidentiels, ils étaient sans aucun doute visés par l’opportunisme. Il est en effet plus facile pour les pirates de rechercher des cibles vulnérables que d’attaquer un site de groupe plus établi, potentiellement mieux protégé. Aucun site officiel n’a été affecté. Dès les premières attaques, le gouvernement a exhorté les entreprises à se protéger en mettant à jour leurs systèmes informatiques et en modifiant leurs mots de passe.

La plupart des messages sont signés par des groupes de hackers du Bangladesh. D’autres sont par “Pirates algériens”. Mais cela ne signifie pas nécessairement qu’ils y résident. Les attentats sont d’ailleurs revendiqués plus largement par “Des hackers musulmans contre la France”.

Leur mode d’action, appelé défiguration, consiste à pénétrer l’infrastructure d’un site Web pour changer son apparence. Simple à mettre en œuvre, il peut priver son propriétaire de revenus si son activité dépend de cette plateforme en ligne.

Sur les sites concernés, les hackers annoncent une «apocalypse» pour l’Internet français et appellent d’autres hackers à les rejoindre

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Mais cela a aussi un effet psychologique sur les internautes, exposés malgré eux au message des pirates. Dans ce cas, ces derniers menacent de poursuivre leurs actions “Jusqu’à ce que la France demande pardon”. De plus, ils préviennent que cette attaque n’est qu’une première vague. Sur les sites concernés, les hackers annoncent un “apocalypse” pour l’internet français et invitez d’autres pirates à les rejoindre.

Cette offensive informatique rappelle celle qui a suivi l’attaque sur Charlie Hebdo en 2015. Dans les jours qui ont suivi cette tragédie, des centaines de sites français ont vu leur page d’accueil remplacée par des messages vindicatifs contre la France et des caricatures de Mahomet. À l’époque, on parlait de «cyber jihad».

Une guerre en ligne qui déborde aujourd’hui sur les réseaux sociaux. L’attaque de ce week-end s’est ainsi accompagnée d’un flot de messages haineux sur les pages Facebook de TF1. Certains ont menacé la France tandis que d’autres se sont réjouis de la mort de Samuel Paty. Le nombre de messages postés et leur fréquence suggèrent qu’il s’agissait d’une offensive automatisée grâce à des programmes informatiques, sans qu’il soit possible de le relier à celui qui a affecté plusieurs sites dimanche.

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