Tiffany sécurise le procès contre LVMH le 5 janvier 2021

Le Président-directeur général du groupe LVMH, Bernard Arnault, le 28 janvier à Paris.

Tiffany a demandé un procès contre LVMH accéléré trois jours avant le 24 novembre, date limite pour clôturer son rachat au prix de 16,2 milliards de dollars (13,7 milliards d’euros) par le géant français du luxe. Le joaillier new-yorkais a obtenu du juge du Delaware Joseph Slights un procès de quatre jours, effectif le 5 janvier 2021. Avant l’expiration des autorisations des autorités de la concurrence, notamment celle des États-Unis qui arrive le 3 février. Le groupe de Bernard Arnault voulait prennent leur temps et ont demandé un procès en mars avril 2021.

En ces temps de Covid-19, nous avons eu droit à une audience téléphonique au Delaware sur le site de Courtsolutions. L’innovation rend le public accessible à tous, permet de savoir qui écoute – les auditeurs sont identifiés par leur nom – et surtout de bien entendre: les avocats font des efforts particuliers pour articuler. Alors Rick Pepperman, l’avocat de Tiffany, a lancé le bal. Il a rappelé la procrastination de LVMH, qui devait conclure la transaction au premier semestre. Sentant le vent venir, les avocats de Tiffany avaient pré-rédigé une plainte, déposée à l’aube, après avoir appris de LVMH qu’elle n’achèterait pas Tiffany comme prévu.

Pour justifier une audience accélérée, l’avocat a invoqué les autorisations qui devraient être renouvelées. Il a déploré les termes du contrat, qui limitent l’embauche et le licenciement des hauts dirigeants, l’octroi d’actions alors que les investissements que Tiffany peut librement faire sont plafonnés à 520 millions de dollars. Le groupe s’est lancé dans la rénovation de son flagship store sur la Cinquième Avenue à Manhattan, c’est pour ouvrir des magasins aux Etats-Unis et améliorer sa plateforme digitale. «Ces investissements sont essentiels pour les affaires de Tiffany. “

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Une différence entre “devrait” et “est obligé de”

Selon M. Pepperman, LVMH souhaite un procès tardif, pour faire pression sur le conseil d’administration et les actionnaires de Tiffany, qui seraient contraints par tant d’incertitudes à accorder à LVMH une décote sur le prix de l’acquisition. L’avocat a contesté que le cabinet ait subi un choc exceptionnel, les clauses stipulant que la comparaison devait être faite avec des entités de luxe par zone géographique – ce qui ne permettrait pas d’invoquer, comme le fait LVMH, que Tiffany a été durement touchée en raison de sa situation les États Unis. Enfin, M. Pepperman a déploré de ne pas avoir à sa disposition la lettre du ministre des Affaires étrangères, Jean-Luc Le Drian, invitant LVMH à reporter son acquisition – les avocats de Tiffany n’ont pu la consulter que chez LVMH à Paris – et expliquant qu’elle n’avait aucune contrainte juridique: «La lettre dit« devrait »reporter. Il existe une différence fondamentale entre «devrait» et «est obligé de» [« should » et « must » en anglais]. »

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