décembre 2, 2020

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une enquête ouverte après le piratage de dizaines de sites internet en France

Le parquet de Paris a ouvert mardi 27 octobre une enquête après le piratage de dizaines de petits sites Internet en France sur lesquels des messages de propagande islamiste étaient postés. L’enquête a été ouverte, selon des informations confirmées à Monde après avoir été publié pour la première fois par l’Agence France-Presse (AFP), pour “Infractions à un système de traitement automatisé de données” et pour “Excuses publiques pour un acte de terrorisme”.

La procédure a été confiée au centre de lutte contre la criminalité numérique (C3N) de la gendarmerie, qui doit travailler en collaboration avec plusieurs services d’enquête locaux en France. Selon les détails donnés dans Monde, des travaux de revue et de recherche sont actuellement en cours pour savoir si les hacks de sites, observés principalement le dimanche 25 octobre, ont été ou non le résultat d’une attaque coordonnée menée par des acteurs ayant agi avec le même mode opératoire sur différents français sites Internet. Ou si elles se sont déroulées de la part de plusieurs hackers épars et indépendants, qui auraient aimé répliquer des hacks observés ailleurs: un tel scénario pourrait, dans ce cas, donner lieu à d’autres procédures distinctes de l’enquête ouverte par le parquet de Paris.

Certains des sites français piratés ces dernières heures, identifiés sur le site spécialisé Zone-H, semblent en tout cas avoir été ciblés par au moins quatre groupes différents, si l’on en croit les différentes images et messages qui y sont affichés. Les administrateurs d’un groupe Facebook spécialisé dans le “hacking”, basé au Bangladesh et comptant près de deux millions de membres, ont affirmé, dimanche, la dégradation de dix sites français.

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“Hackers musulmans”

Ces hacks ont été observés en multipliant, le week-end des 24 et 25 octobre, les appels au boycott des produits français dans plusieurs pays musulmans. Des appels qui avaient eu lieu en réaction à la défense par Emmanuel Macron de la liberté de caricaturer Mohammed, réaffirmés lors de la cérémonie en l’honneur de Samuel Paty – des propos qui ont depuis conduit à de nombreuses tensions, notamment avec la Turquie, et à manifestations dans plusieurs pays contre la France.

C’est dans ce contexte que des messages tels que “Victoire de Mohammed, victoire de l’Islam et mort de la France” ou “Opération lancée par des hackers musulmans contre la France pour avoir insulté le prophète Mahomet et profané publiquement l’islam” est apparu sur la page d’accueil de plusieurs sites Web. Au point où, dimanche 25 octobre, le système national d’assistance aux victimes de cybermenaces a émis une alerte indiquant qu’un “Vague de cyber-attaques en défiguration” ciblait “De nombreux sites français”. Lundi 26 octobre, l’AFP a relevé qu’un montage représentant Emmanuel Macron déguisé en cochon était visible sur les sites d’associations de retraités, de commerces ou de petites mairies.

Ces attaques de bas niveau sont généralement menées automatiquement par un logiciel qui détecte et exploite les vulnérabilités des serveurs et sites Web de bas niveau et n’a pas effectué toutes les mises à jour de sécurité. En 2015, des milliers de sites français avaient déjà été la cible de dizaines de groupes de hackers qui avait promu le “Défense de l’Islam” en affichant des messages de plaidoyer au lieu des pages d’accueil. A l’époque, certains s’en sont pris aux publications des caricatures de Muhammad par Charlie Hebdo.

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Plusieurs procédures pour «excuses»

Cette enquête intervient également alors que plusieurs procédures sont en cours en France après la mise en ligne de messages liés à l’assassinat de Samuel Paty. Mardi 27 octobre, un lycéen de 16 ans a été mis en examen par le juge d’instruction de Vesoul “Pour excuses et provocation pour commettre un acte de terrorisme”, A déclaré l’AFP. Le suspect admis en garde à vue après avoir publié le 20 octobre sur un réseau social – sans savoir lequel – un message menaçant “Tout mécréant souhaitant dénigrer l’Islam”.

Vendredi 23 octobre, une étudiante, de son côté, a été condamnée par le tribunal correctionnel de Besançon à quatre mois de prison avec sursis pour “Apologie du terrorisme”. Elle a publié un message sur Facebook affirmant que Samuel Paty “Mérité” mourir.

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Mercredi 21 octobre, le parquet de Paris a indiqué qu’en tout “Une quinzaine de sondages” pour les faits de“Apologie du terrorisme”, ” des menaces de mort “ ou «Provocation» le crime était ouvert depuis l’attentat de Conflans Sainte-Honorine.

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Le monde avec l’AFP