octobre 31, 2020

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Voici les plus belles photos d’animaux de l’année

Les résultats de la 56e édition du Wildlife Photographer Of The Year, le plus prestigieux concours de photographie de nature au monde, seront annoncés ce mercredi matin. Voici un aperçu du gagnant et de nos trois favoris.

Tigresse sensuelle

Pur plaisir. Cette tigresse qui frotte sa joue contre l’écorce d’un sapin de Mandchourie est désormais une star. Sa photo, intitulée «The Embrace» que nous vous présentons en exclusivité, est la grande lauréate du 56e Wildlife Prize, organisé par le Natural History Museum de Londres. La photo, signée par le russe Sergey Gorshkov, est le résultat d’une sacrée dose de patience, comme c’est souvent le cas dans l’art de la photographie animalière. Sergey Groshkov a installé un piège photo en janvier 2019 devant ce grand arbre. Après avoir parcouru la forêt à la recherche de traces, il espérait qu’un tigre de Sibérie resterait là pour laisser les marques de ses glandes odoriférantes. Problème, dans le parc national du léopard, à l’extrême est de la Russie, les proies sont rares et les terrains de chasse immenses pour les quelque 500 à 600 félins qui y vivent. Ce n’est donc qu’en novembre suivant qu’il a pu dépeindre cette magnifique étreinte dans la nature.

Guêpes normandes

«Le conte des deux guêpes» (à gauche: la guêpe amphibie des sables, à droite, la guêpe coucou). / Frank Deschandol / Photographe animalier de l’année 2020

Rien à voir avec la tigresse sibérienne qui dégage tant de puissance. Le Français Frank Deschandol, lauréat dans la catégorie «Comportement: invertébrés», a capturé des spécimens beaucoup plus petits en plein cadre, deux espèces différentes de guêpes. Une guêpe coucou et un amphibien de sable. Ce dernier pond des œufs qu’il alimente en chenilles tandis que le premier, véritable parasite, n’a qu’une idée en tête: s’enfoncer dans son terrier pour y pondre à son tour. Ses propres larves ont alors un festin, toutes retrouvées avec la progéniture du marramme. C’est près de sa maison en Normandie, dans une friche industrielle, que Frank Deschandol a repéré ses deux modèles alors qu’ils se rendaient à leur … nid commun, au grand malheur du marram.

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Trouve l’erreur

“Show-business”. / Kirsten Luce / Photographe animalier de l’année 2020

Alors que toutes les photos sélectionnées nous plongent dans la nature, elle se présente immédiatement comme un intrus. Un ours polaire avec un manteau blanc immaculé a fière allure devant un entraîneur en costume de patineur. La main levée, elle lui fait composer un numéro. Pour éviter tout danger, l’animal sauvage a la bouche muselée par des filets métalliques. Une image “choquante”, peut-on lire dans le commentaire de Wildlife. Récompensé dans la catégorie “photojournaliste de la nature”, il est réalisé par l’Américaine Kirsten Luce dans un cirque russe qui s’est arrêté à Kazan, au Tartarstan (Russie). On apprend qu’il s’agit en fait d’un ours sauvage capturé à l’âge de 2 ans, toujours au travail 18 ans plus tard lorsque cette photo a été prise. La photo fait écho à l’actualité française alors que le gouvernement vient d’annoncer la fin de l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques ambulants.

Un nez, une cape, une péninsule

«Méditation» ./ Mogens Trolle / Photographe animalier de l'année 2020
«Méditation» ./ Mogens Trolle / Photographe animalier de l’année 2020

Mogens Tolle photographie des primates depuis cinq ans. Ce Danois est récompensé pour son incroyable portrait de nasic réalisé à Bornéo. Les paupières – bleues – fermées, le jeune mâle à la fourrure auburn semble en pleine méditation, indifférent à son long nez. Cette annexe, qui aurait fait passer Cyrano de Bergerac pour un petit joueur, est sa marque de fabrique. Et quoi de mieux qu’une pose de profil pour le mettre en valeur? Pourquoi est-il si long et deviendra-t-il encore plus long à mesure qu’il vieillit au point de se balancer? L’appendice sert notamment d’amplificateur lorsque son propriétaire pleure, ce qui est loin d’être le cas lorsqu’il est déclenché. Les nasiques sont si paisibles, voire apathiques, qu’ils sont facilement évités. L’espèce est donc menacée, comme beaucoup de celles qui sont immortalisées par les photographes animaliers.

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La tigresse et les 99 autres plus belles photos présentées cette année au concours se trouvent dans le livre «Photographe animalier de l’année», disponible ce mercredi (Ed. Biotope, 34 euros)